Mon Carnet Déco

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Epuisement maternel et Burn-out

Ici, on parle de ce qui nous touche, nous fait plaisir, ou nous rend triste... Et on y parle burn-out et épuisement maternel.


Mon Burn out : 2 ans après

Bonjour à vous !

Il y a deux ans, quand j’ai ouvert mon blog, j’étais en plein burn-out.

 

Ouvrir ce blog était pour moi une thérapie, une façon de me sortir de cette espèce de cycle infernal de quête de la perfection dans lequel j’avais sombré.

 

Je vous en ai d’ailleurs parlé dans mon billet "La quête de la perfection ou le burn-out » (qui a d’ailleurs été repris en partis dans un article sur  les mères parfaites dans le journal Le Monde).


Cet état de burn-out, même s’il a été terrible, a eu, à long terme, un aspect plutôt bénéfique sur ma vie actuelle.

 

mon apres burn out . www.mon-carnet-deco.com


Il m’a ouvert les yeux sur une foule de choses dont je n’avais absolument pas conscience.


Le fait est que l’on a tous, un jour, voulu être différent. Plus grand, plus fin, plus malin, plus doué…


On a en fait l’impression que de changer quelque chose dans notre apparence, notre culture, ou notre savoir, ferait de nous quelqu’un de différent. De mieux.


Mais le problème, c’est qu’à se focaliser sur ces prétendus manques, nous oublions de voir ce qu’il y a de bien en nous… On se déprécie.


Quand j’ai commencé à aller mieux, j’ai longtemps eu la sensation d’être sur un fil, à vingt mètres du sol, et sans filets.

 

Comme si la moindre petite chose pouvait me faire replonger.

 

Mais je ne veux pas sombrer à nouveau.

 

il m'a donc fallu regarder les choses en face, et réfléchir profondément à ce qui m'a fait en arriver là. Et faire en sorte de ne pas recommencer les mêmes erreurs... Cela m'a demandé des mois, de longs mois, avant de commencer à voir une différence.

 

Mais petit à petit, le changement se crée. Pas à pas... Je m'écoute, et apprends à voir les signes, et j'opère alors des changements dans ma façon d'être, et pratique la méthode Coué.


J’apprends à voir ce que je suis réellement, et pas ce que je pensais être.


J’apprends à accepter ce que je suis, et non plus à vouloir être quelqu’un d’autre.


C’est comme un cheminement, long et sinueux, mais qui renforce mes défenses à chaque pas.



« Certains croient que tenir bon nous rend plus forts, mais, parfois, le plus dur est de lâcher prise ». – Hermann Hesse


Par exemple, j’ai toujours admiré ces personnes pour qui tout semble simple, qui ne se posent pas de questions, et fonctionnent à l’instinct.

 

Je ne suis pas comme ça.

 

Tout est pour moi source de questionnement, je dois analyser, disséquer, étudier la moindre prise de décision, tout comme j’ai l’impossibilité de m’empêcher d’analyser les êtres humains. C’est un état de fait qui me faisait assez souffrir.


J’ai essayé longtemps de lutter contre ça, mais dans cette phase de reconstruction d’après-burn-out, j’ai fini par accepter ces aspects de ma personnalité.


Et le fait est que, depuis que j’ai appris à vivre avec, cette capacité s'est développée, et maintenant que je ne lutte plus contre, j’en ai même fait un atout.

 

Je m’écoute, et j’écoute mon opinion sur les autres. Je me fais ma propre opinion : je me fais confiance (je suis sur la bonne voie). Je n’écoute surtout plus jamais ceux qui me disent d’arrêter de me poser des questions. Parce que c’est ma façon de fonctionner, ça fait partie de moi.

 

Nous sommes tous différents.

 

Nous avons chacun notre façon de fonctionner...

Un autre aspect positif de ce que m’a apporté le burn-out, c’est une capacité plus grande à sortir de ma zone de confort, à prendre des risques. Parce qu'après ça, j'ai appris à relativiser les choses.


Depuis que je suis ado, je rêve de faire un métier de création, d’avoir une boutique à moi, mais je me suis toujours trouvé des excuses pour ne surtout pas réaliser ce rêve.

 

Pensez-vous! Et si je me trompais ? Et si ça ne marchait pas ?? Et si c’était un échec ??? Non, je ne peux pas me permettre ça, j’ai des enfants, une maison…


Mon burn-out m’a appris une chose : c’est que quand on s’en donne les moyens, on peut vraiment sortir de situations qui peuvent paraître désespérées… Il faut avancer étape par étape. Un pas après l'autre...

 


« Si vous deviez un jour vous transformer vous-même, faite-le un peu chaque jour ». Confucius


Je ne vous cache pas que pendant la période la plus noire de mon burn-out, j’ai eu des idées on ne peut plus sombre. Mais  j’ai réussi à donner l’impulsion nécessaire pour remonter à la surface, en me créant un projet (mon blog à l’époque).

 

C'est important un projet.

 

Ça porte, un projet....

 

Et au fur et à mesure du temps, les choses m’ont paru plus claires. Il faut garder courage... Avancer à petit pas. Ne pas être pressé...


Vivre, c’est prendre des risques, se tromper, essuyer des échecs, tomber, mais c’est surtout se relever, apprendre de ses erreurs pour ne pas les refaire, écouter les voix bienveillantes de ceux qui nous accompagnent sur ce chemin.

 

Et accepter l'échec. C'est normal de se tromper. C'est normal d'échouer. L'échec est une valeur que la société ne nous apprend pas. Il faut juste savoir en tirer les leçons...

« Le succès, c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Winston Churchill



Cela fait maintenant 1 an que je travaille sur un projet qui me tient à cœur, un projet que jamais je n’aurais pensé réaliser un jour. Un projet qui me fait peur, et m’empêche de dormir la nuit, mais surtout un projet qui me porte, m’exalte et me rend impatiente.


Je pense sincèrement que si je n’étais pas passé par cette phase difficile, jamais je n’aurais osé me lancer. Et très sincèrement, je l’aurais regretté.


Alors mon chemin est encore semé d’embûches, mais j’avance, un pas après l’autre, je lâche prise quand avant je me battais contre des moulins à vent, et je me rapproche de mon but. Même s’il risque de se terminer par un échec. On apprend de ces échecs.


Tous mes travers n’ont pas disparu, simplement, maintenant, je fais avec. Et j’avance. Et je ne suis pas devenue non plus une optimiste aveugle, non, c’est mieux : je suis devenue réaliste. Je vois le bon et le mauvais. Parce que ça fait partie de la vie.


Ce blog est d’ailleurs une des marches de mon mieux-être, et je ne sais pas comment faire pour vous remercier d’être là, de me suivre, me soutenir, me laisser des petits mots, je ne pense pas que vous aillez conscience de ce que ça m’apporte…


Enfin, tout ça pour dire que finalement, malgré les souffrances que m’a apportées ce burn-out, je ne regrette pas d’en être passé par là, tout simplement parce que cela m’a permis de mieux me connaître, et surtout de m’accepter… En tout cas, disons que je suis sur la bonne voie.

 


« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. » René Char

 



Je vous dis à très vite !

 

 

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06/03/2017
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Wonder maman : la bienveillance envers les autres, commence par soi même…

Bonjour à vous !

 

Il y a quelque temps, j’ai partagé avec vous un article qui me tenait vraiment à cœur, sur le burn-out

Aujourd’hui, je vais vous parler des leçons que j’en ai tirées… Car même si mon burn-out a été un moment terrible à passer, j’en ai tiré du positif…

 

burn out être bienveillant envers soi

 

Pour rappel, le burn-out est un processus du corps qui nous affecte quand on est en surmenage, physique et psychologique… Il nous « déconnecte » pour notre survie…

 

Je me suis vu tellement épuisée, dés le pied posé par terre le matin… Non, en vérité, même avant… Dès l’œil ouvert, j’entendais mes enfants crier et faire du bruit dans leur chambre, et là, je me demandais comment j’allais pouvoir affronter cette énième journée, alors que j’étais déjà sans énergie…

 

Puis, est arrivé ma période déconnexion… Comme si j’étais à l’extérieur de mon corps, et que plus rien ne m’atteignais…  Je m’occupais de mes enfants, certes, mais pas comme je l’aurais dû… Je n’étais plus touchée par leurs câlins, ni leurs pleurs, tout me paraissait être une perte de temps fasse à la somme énorme de travail qui m’attendait… j’étais devenu un robot, programmé pour prendre soin de mes enfants, mais sans empathie…

 

J’ai lutté pendant deux longues années contre ce mal qui me rongeait. Lutté… Jusqu'à ce que je me trouve si épuisée, que même parler m’était devenu difficile… Je n’arrivais plus à me défendre… Et je me traitais de moins que rien… Incapable de faire ce que toute maman fait… Et je vous jure, qu’a ce moment là, mes idées sont devenues très noires…

 

Je suis une battante ! Je lutte sans cesse… Mais un jour, j’ai eu un déclic, et je me suis rendu compte que la lutte devenait trop difficile… Alors je me suis laissé couler… Pour de bon. Je me suis donné le droit de m’effondrer… Et c’est à partir de là, que j’ai réussi à remonter.

 

Je me donne l’image d’une piscine… Si on surnage, longtemps, luttant pour ne pas sombrer, on finit par couler, épuisé, et incapable de remonter… Alors que si on se laisse couler au fond, on a la possibilité d’y donner une impulsion pour remonter, et on a même la force de rejoindre le bord pour en sortir…

 

Donnez-vous le droit à la faiblesse… Ce n’est pas une faute…

 

Suite à cet épisode qui m’a considérablement renforcée, je vous donne quelques astuces que j’ai mises en place pour essayer de ne pas retomber :

 

La première, c’est de vous considérer comme un enfant. Parlez-vous comme vous parleriez à un enfant ! Jamais vous ne lui diriez « aller, soit plus fort, tu abuses là, tu n’en fais pas assez !!! Tu n’as pas honte d’être si faible !!! » Soyez bienveillant envers vous-même comme vous le seriez avec les autres… Parlez-vous comme à un ami… et appliquez les conseils que vous donnez aux autres…

 

La deuxième, c’est de vous créer une liste de vos priorités… Je ne vous parle pas de votre travail, mais de votre vie. Quelles sont vos priorités pour être heureux ? Notez-les, gardez cette liste précieusement, dans un carnet de bonheur, par exemple, et quand vous commencez à vous sentir débordé de tous côtés, ressortez-là, lisez-là, et appliquez-la…

 

Ensuite, faites une liste de vos projets… Dans l’ordre de priorité, et ne les attaquez qu’un par un… On sait tous cette réputation qu’on les femmes de savoir faire plusieurs choses à la fois, mais je vous assure que de ne vous concentrer que sur une seule chose à la fois, ça nous permet de le faire bien, et surtout, sans épuisement

 

Et enfin, je vous propose de réapprendre la patience… Même si on est dans une société du « Tout ! Tout de suite », patienter, et voir un projet se concrétiser, en appréciant chaque étape, pour finalement le voir aboutir comme nous le souhaitions, c’est une joie sans pareil…

 

Et comme je vous le dis dans le titre, la bienveillance envers les autres commence par soi même… J’apprends à écouter ce qu’on me dit, les compliments qui me sont faits, et j’apprends à faire confiance en ceux qui me les disent…  Arrêtons de penser que tout n’est qu’hypocrisie, et vous allez voir quel poids cela retire de nos épaules déjà bien chargées…

 

Votre regard sur les autres changera, l’empathie arrivera, et ainsi, la bienveillance suivra : celle envers les autres, et celle envers vous-même…

 

Donnez moi votre opinion, vos idées, votre ressenti sur ce sujet, débattons, échangeront… Je vous attends, avec bienveillance…

 

 

Je vous dis à très vite!

 

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10/09/2015
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Vous témoignez: "Comment le burn out m'est tombé dessus".

     Hier, j'ai posté un article écrit par Véronique, qui avait déjà témoigné sur le burn out ici, et qui expliquait ce qu'est un burn out.

 

     Aujourd'hui, je vous livre le témoignage d'Audrey sur ce qu'elle vit. Je dois vous avouez que son témoignage m'a extrêmement troublé, car son vécu, son ressenti, ses jugements "d'avant" le burn out, je les ai tous vécu aussi. Cette incompréhension de ces mères qui se "débarrassait de leur enfants, cette lente mais inévitable chute, cette culpabilité... Absolument tous ses mots me sembles sortis de ma bouche... (mon témoignage ici)

 

 

Témoignage burn out, épuisement maternel

Comment le burn out m'est tombé dessus...

 

     Je m’appelle Audrey, j’ai 29 ans et je suis l’heureuse maman de 2 enfants, un garçon de 3ans et 4 mois, et d’une fille de 10 mois. Ils sont en bonne santé, sont beaux comme des cœurs, nous n’avons pas de problème particulièrement compliqués à affronter.

 

     En principe, je ne devrais donc pas poster sur le sujet du « burn out maternel ». Et pourtant si. « Burn out maternel »... A vrai dire, j’en ai entendu parler il y a environ 2 ans, alors que je travaillais. J’avais lu un article à ce sujet, une maman au foyer qui en parlait.

      Je me souviens alors de ma réaction plus que tranchée… « Il ne faut quand même pas abuser sérieux ! Tu es chez toi, à ne rien faire de tes journées et tu te plains de tes gosses ! Ben, retournes au boulot dans ce cas ! Ou viens à ma place, on en reparlera… ».

 

     A cette période, mon garçon venait d’avoir ses 1 an, il allait 4 jours par semaine chez la nounou, de 7h45 à 19h. Je travaillais à plein temps, dans un milieu qui me plait. J’avais 2h de trajet par jour pour aller au travail, une pause déjeuné à bosser, je rentrais le soir vers 19h15, et ne profitais de mon fils que 45 min par jour. « Heureusement », j’avais mon lundi en jour de repos… Enfin, dans ce cas, la définition de repos rimait plus avec ménage, aspirateur, serpillère, courses, dépoussiérage, paperasse, machines à laver etc.…

 

     Je culpabilisais de bosser autant, de le voir si peu. Il a grandit à la vitesse grand V et j’ai eu l’impression de passer à côté de beaucoup de choses, de son évolution, de Lui, tout simplement...

     Je me souviens, lors de mes lundis de « repos », alors que je passais devant la future école de mon fils aux heures de sortie de classe, me faire la remarque que quand même, voir des mères arriver 5 à 10 min avant la sortie des cours, elles ne devaient pas grand-chose à faire de leurs journées.. Alors que moi, j’étais en speed tout le temps, dans cette spirale infernale.

     Les statuts de mes amies sur les réseaux sociaux, lors des reprises d’école après 15 jours de vacances scolaires, du genre « youhouuuu ils reprennent l’école ! Vacances pour moi !!! » M’exaspéraient. Comment peut-on écrire ça ?? Alors que moi je n’aspirais qu’à une seule chose : prendre du temps avec mon enfant.

 

     Et puis je suis tombée enceinte de ma fille. Mon fils avait à peine 2 ans, il était déjà entré dans cette période du « terrible two », un peu compliqué à gérer.

     Col ouvert à 2 à 5 mois de grossesse, repos obligatoire. Ma grossesse s’est passé bonnant-malant, et le chemin s’est fait dans ma tête… Et si je prenais un congé parental pour m’occuper d’eux ? Ainsi, je pourrais accompagner mon fils pour sa toute première rentrée scolaire, il n’irait pas à la garderie de 7h45 à 19h, pas de centre de loisirs le mercredi ni pendant les vacances scolaires... Je le trouvais petit  pour ça.

      En même temps, je profiterai de ma fille à 100%, de toutes ses évolutions. Et puis ce serait l’occasion de me mettre à la couture. C’est sympa la couture. Je ferai des doudous, j’essaierai de faire des sarouels. Et puis les bébés nageurs que je ne pouvais pas faire avant le samedi matin, vu que je travaillais, et bien là, j’irai ! Et je me mettrai à la zumba, ça à l’air sympa et ça fait longtemps que je veux en faire... Mais avant, avec le travail, je n’avais pas le temps

     Je ferai les gâteaux préférés de mon fils, je leur ferai faire des activités Montessori et on sortirait souvent se promener en pleine nature. Bref, on aurait pris notre temps...

 

     J’avais tout planifié. Ou presque. J’ai accouché en avril, d’une merveilleuse petite fille, en parfaite santé. Mais je n’avais pas planifié d’être ré hospitalisée 7 jours après mon accouchement, pendant 3 jours, pour une pré éclampsie du post partum. Ni cet allaitement douloureux et raté, ni cette mastite, ni cette tension difficile à faire baisser, ni la pyélonéphrite et tous les examens liés, ni un bilan hépatique déréglé et tous les examens en urgence, tout ça en 2 mois post partum.

     J’étais épuisée, éreintée physiquement. Ma fille ne dormait que 30 min le matin et 30 min l’après midi, le reste du temps elle était collée à moi, je ne pouvais rien faire d’autre, même si j’adorai ce contact.

 

     Septembre est arrivé… La rentrée scolaire de mon fils et la course à commencé. Je n’avais trouvé aucune activité physique pour mon fils qui avait ce besoin de se dépenser, je ne m’étais ni inscrite à la zumba, ni fait les inscriptions aux bébés nageurs, mon projet de couture était au point zéro et je courais tout le temps.

      Le matin, je courais pour habiller mon fils, qu’il veuille bien partir à l’école, gérer ses crises. Je le récupérais à midi, le re-déposais à 13h40, le récupérai à 16h ou 16h30.

 

     Et entre tout ça ? M’occuper de ma fille, du linge, de la maison, des repas… Mon fils n’étais pas propre pour les selles, je nettoyais des sous vêtements souillés 3 fois par jour, je n’en pouvais plus. Moi qui n’étais pas du tout ménage et le faisait une fois par semaine, j'ai commencé à le faire tous les jours.

Après tout, j’étais à la maison, je n’avais pas le droit d’avoir une maison sale.

 

      Mon mari, bien que très compréhensif, s’est complètement reposé sur moi pour tout ce qui concernait  la maison, la paperasse, l’éducation des enfants, tous les soucis de voiture, etc. Il partait de temps en temps en déplacement, me laissant seule tout gérer, sans aide de proximité pour prendre le relais ou souffler.

 

     Il me disait de prendre du temps pour moi, qu’il le fallait. Mais pour faire quoi ? Avec qui ? Comment ? Et qui s’occupera des enfants ?

     Et puis un matin, je me suis levée, plus fatiguée que jamais.

     Je n’avais pas envie de me lever. Les enfants pleuraient mais je n’avais pas envie d’aller les voir, pas envie de me lever, pas envie de me battre avec mon fils pour qu’il daigne s’habiller, mettre son manteau, mettre ses chaussures, qu’il me tienne la main pour aller à l’école.

      Le soir, éreintée, je ne trouvais pas le sommeil, trop de choses dans la tête, tout le temps.

Je pleurais en silence dans le lit.

 

     Il fallait que j’en parle à quelqu’un. Mais à qui ? J’ai appelé mon médecin qui m’a dirigé vers un psychiatre. J’étais en larmes. Lors du rendez-vous, à la question : « qu’est ce qui ne va pas ? ». Ma seule réponse a été: « je ne sais pas » A sa question « Pourquoi êtes-vous là ? » … « Pour m’en sortir ». A sa dernière question « Mais que souhaitez vous faire pour être bien? » : « Je ne sais pas. Je ne sais plus ».

 

     Perdue en route. Je m’étais perdue en route. Trop occupée à tout faire pour mes enfants toute la journée, tous les jours de la semaine, je m’étais perdue en route. Je me sentais si seule, désespérément  seule. Je passais mes journées sur le net, pour peut être discuter avec quelqu’un de connecté en même temps que moi.

J’étais cette mère qui arrivait 5 à 10 min plus tôt à la sortie des classes, juste pour apercevoir telle ou telle maman, pour échanger quelques mots en dehors de ceux échangés avec mon fils et des babillages de ma fille.

Je filtrais mes photos et dispensait les plus jolies sur facebook, pour qu’on s’intéresse un peu à moi. A mon anniversaire, j’en ai voulu à ceux qui l’avaient oublié. Pourquoi est ce qu’on m’oublie tout le temps moi ?

 

     On me disait « prends du temps pour toi, tu as l’air épuisée ». J’avais envie de dire « Mais dis moi comment en prendre du temps pour moi ! Je ne sais pas, je ne sais plus ! Je ne sais plus ce que ça veut dire « prendre soin de soi », je ne sais plus ce que veux dire « prendre un café avec une copine ».

On me disait quoi faire mais personne ne m’en donnait les moyens.

 

     Le mois dernier, j’ai commencé à vomir de façon régulière. J’étais à fleur de peau, angoissée, abîmée de l’intérieur, à vif.

     Les idées noires ont commencé à apparaitre, il fallait réagir. Mon mari à un peu forcé les choses et nous avons réussi à obtenir une place en crèche pour une journée par semaine pour ma fille.

 

      J’ai accepté que notre fils aille cette même journée à la cantine. Ainsi, je me libérerai tous les vendredis pour moi, je me les accorderai, pour me retrouver, me ressourcer.

 

     Je suis allée voir mon médecin qui m’a mis sous anxiolytiques, pour pouvoir enfin dormir et calmer mes angoisses.

C’est un grand pas en avant, même si je culpabilise, si je m’en veux, si je me dis que je suis nulle.

 

     Je pleure en écrivant ce billet car j’ai honte. Honte de moi, honte de me faire passer avant eux. J’ai un rendez vous  au CMP (Centre Médical de Proximité) la semaine prochaine, pour qu’ils me donnent les moyens de sortir de ce cercle infernal.

 

     Mon fils commence la cantine demain. Ma fille a commencé son adaptation ce matin. Le chemin sera très long pour que je puisse me retrouver… Ne me demandez pas ce que je ferai de mes vendredi « off », je n’en ai encore aucune idée….

 

 

 

 

 


24/03/2015
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C'est à vous: Qu'est ce que le burn out?

Qu'est-ce que le burn out?

 

     Quand j’ai témoigné de mon burn out ici, j’étais loin de penser que tant de monde vivait la même chose. Vous avez été nombreux à me contacter, d’une façon ou d’une autre, et je souhaite que ce blog serve aussi de « plateforme »  pour celles et ceux qui souhaitent s’exprimer sur le sujet. Et c’est comme ça que Véronique, qui à déjà témoigné ici, m’a proposé d’écrire une petite série d’article sur ce qu’elle à appris et observé sur le burn out.

 

Témoignage sur le burn out

 

     Quand on m'a diagnostiqué un burn out (en septembre 2012), j'ai cru comme beaucoup que je savais ce que cela signifiait (surtout que j'étais infirmière et en plus en psychiatrie).

 

     Mais très vite, j'ai voulu en savoir plus, car d'une part je me sentais coupable (d'être en arrêt maladie et donc de «laisser tomber» mes collègues, mais aussi d'être en burn out, pourquoi moi et pas telle autre collègue …) et d'autre part car je me sentais incomprise par mon entourage.

 

     Il y a deux ans et demi quand le diagnostic a été posé, on commençait à en parler, mais il y avait peu de littérature sur ce phénomène et encore moins de blog français qui en parlait.

 

Je crois, personnellement, qu'il est important de bien comprendre ce qu'est un burn out pour pouvoir mieux s'en sortir.

 

     De façon générale, je crois que la plupart des personnes savent dire que le burn out (terme employé la première fois en 1974 par le psychiatre américain Herbert Freudenberger et qu'il a défini comme «une brûlure interne») peut être synonyme de surmenage.

Seulement, quand on évoque un surmenage on pense bien souvent au psychisme et d'ailleurs qui traite les personnes atteintes de burn out, ce sont bien souvent des psychologues et des psychiatres.

 

     Mais en fait, le burn out concerne en premier lieu un état de fatigue physique: un surplus de travail amène du stress, ce surplus de travail devient chronique et le stress devient lui aussi chronique, notre corps n'est pas fait pour «absorber» cela et après un temps plus ou moins long selon les personnes, «la machine» va se dérégler.

La fatigue psychologique vient après.

 

     Ainsi, on va commencer par exemple par avoir des maux de tête de plus en plus souvent, puis des migraines (et là aussi de plus en plus souvent et de plus en plus invalidantes). On peut aussi avoir des troubles gastriques (n'oublions pas que nos intestins sont notre «second cerveau»). On va être de plus en plus fatigué, on va avoir des insomnies. On peut aussi avoir des vertiges, des troubles de la mémoire, de la concentration. Enfin, on va être de plus en plus irritable (finalement et seulement là le1er symptôme psychologique) et là on va s'entendre dire «qu'est-ce que tu es pénible?», et on va culpabiliser.

 

     Tout ceci résulte d'un processus physiologique complexe mettant en jeu notre hypophyse, l'adrénaline, le cortisol etc... (Pour plus d'informations n'hésitez pas à aller voir cet article : https://www.cap-coherence.fr/blog/2014/8/6/burn-out-syndrome-epuisement-professionnel )

 

On peut donc en déduire que le burn out n'est pas un état, mais un processus.

A tout moment, on peut interrompre ce processus.

 

     Malheureusement, peu de personnes savent le déceler à temps pour soi-même ou pour les autres (d'où toute la médiatisation pour essayer de prévenir et d'informer).

 

     C'est d'autant plus insidieux que les personnes en processus de burn out sont souvent appréciées et aimées par leur entourage professionnel ou personnel (ce sont de «bons éléments» sur qui on peut compter). C'est donc tout bénéfice pour l'entourage et valorisant (au début) pour la personne concernée!!!!

 

Seulement, si le processus n'est pas interrompu «à temps», on se réveille un jour surpris. Soit on craque, c'est à dire qu'on ne peut plus se lever le matin, on pleure tout le temps; soit on «pète les plombs» comme évoqué dans ce très beau film avec Didier Bourdon «quinze jours ailleurs» (passé sur France 2 en octobre 2013).

 

Dans un prochain article, j'évoquerai les facteurs pouvant mener à un burn out.

 

J'espère que cet article vous aura permis de mieux comprendre ce phénomène si répandu aujourd'hui.

 

 

     Voilà pour la première partie de cette série d’article sur le burn out. N’hésitez pas à réagir, témoigner, poser des questions…

     Demain, je vous posterai le témoignage très touchant d’une jeune maman qui à souhaité partager avec nous ce qu’elle à vécue et vie encore.

 

A bientôt !

 

 

 


23/03/2015
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La quête de la perfection ou le Burn Out. (suite)

     Bonjour à vous!

 

     Suite à mon premier article sur le burn-out, que vous pouvez retrouver ici, je vous avais proposé de faire une suite. Vous avez été nombreuses à témoigner dans les commentaires, et ce billet à été vu de très nombreuses fois, signe que c'est un sujet qui vous touche autant que moi. je pense malheureusement qu'avec la vie que nous menons, nous en sommes toutes plus ou moins conscientes, on ne peut PAS tout faire, mais certaine se dépassent, au détriment de leur santé. Je m'efface ici pour laisser la place à ces témoignage:

 

la quête de perfection ou le burn out suite

 

Témoignage d'Adeline:

 

 

En fait, tout s'installe très insidieusement, sournoisement, je dirai ! Pour mieux comprendre, je dois revenir quelques mois en arrière : notre fille, Marie, aujourd'hui âgée de 22 mois, est entrée dans notre vie par adoption. C'est la plus belle aventure qu'on ne m'ait jamais permis de connaître ! Elle est arrivée à 3 mois et demi après 10 longues années d'attente et de souffrance. C'est une petite fille rayonnante, pleine de joie, heureuse de vivre et aussi très demandeuse en attentions, bras, câlins ... Impossible de s'éloigner d'elle sans déclencher angoisses et pleurs ! Autant dire que la pression était grande. Je me devais de l'accueillir dans les meilleures conditions qui soient, d'être à la hauteur et d'afficher un bonheur sans faille. Cette pression venait aussi de l'extérieur, avec des petites phrases anodines du genre : "depuis le temps que vous attendiez, ce n'est que du bonheur !", "tu ne vas pas te plaindre maintenant que tu as ce que tu as tant réclamé!" ... Alors, je me suis tue, j'ai endossé le costume de super-maman souriante et jamais fatiguée, le costume de super-femme-au-foyer qui a toujours une maison propre et rangée, le costume de super-épouse épanouie et heureuse et enfin le costume de super-femme-sociable qui continue à voir des activités extérieures ! Oui, mais il y a un mais ... Ces costumes pèsent lourd et épuisent à petit feu. Sans m'en rendre compte, je suis devenue l'ombre de moi-même. Petit à petit, j'ai perdu la joie de partager des moments avec ma fille, j'ai perdu l'envie de communiquer avec mon mari, j'ai perdu la motivation pour aller aux quelques activités que j'avais gardées ... Bref, ma vie est devenue un grand vide ! Je me sens moi-même vide, vide d'envie, vide d'amour, vide de sens ... Voilà où j'en suis à l'heure actuelle : burn-out et dépression avérés. Je n'en suis pas fière, j'ai même honte de moi et je culpabilise beaucoup de faire plonger ma famille dans ce chaos mais j'ai quand même réussi à demander de l'aide. Je suis donc sous anti-dépresseurs et je suis suivie par une psychologue qui m'aide à mettre des mots sur mes maux. Je suis déterminée à gagner ce combat contre moi-même pour sauver ce que j'ai de plus précieux, c'est-à-dire ma fille et mon mari. Le chemin risque d'être long, tortueux et douloureux mais je crois qu'il est possible de voir le bout du tunnel ! Je pense à toutes ces autres femmes, mères, épouses qui traversent la même épreuve et je ne peux que leur souhaiter beaucoup de courage et leur dire de prendre soin d'elles.

 

 

 

Véronique, infirmière en psychiatrie:

 

 

Je voyais une psychologue depuis 1 an ou 2, car je suis infirmière et je travaillais en psychiatrie à cette époque, et j'avais besoin "d'évacuer" avec une pro (hors travail).

 

Pendant des mois (peut-être 1 an ou plus même) j'ai essayé de faire mon travail le mieux possible (je suis d'une nature perfectionniste), mais cela me demandait de plus en plus d'énergie pour des résultats de plus en plus décevants.

 

J'ai essayé d'alerter ma hiérarchie à maintes reprises, mais les restrictions budgétaires et les pressions «managériales» n'ont pas permises (entre autres) que je sois entendue.

 

Et puis un jour en arrivant chez ma psy, je me suis mise à pleurer, pleurer. Je n'en pouvais plus.

 

Je lui aie dit que depuis plusieurs mois je n'allais pas bien (ce qu'elle avait quand même déjà remarqué): grosse fatigue, je ne faisais que travailler, dormir et manger un peu. Puis petit à petit, j'avais eu des migraines, puis de plus en plus de migraines, des insomnies, des angoisses, je devenais de plus en plus agressive... et vers la fin des vertiges. Je prenais la voiture pour aller au travail, et j'avais des vertiges !!!!

 

Elle m'a immédiatement dit qu'il fallait que je m'arrête, j'ai dit "oui, mais plus tard, là je dois travailler et de nuit...". Elle m'a dit "non maintenant". Et on est est allé voir son confrère (dans le même cabinet) un psychiatre, qui au départ m'a arrêté pour 15j.

 

J'ai été arrêtée au début de 15j en 15j puis de mois en mois etc.... car c'était très dur pour moi d’accepter cet arrêt. Je culpabilisais «le service, les collègues, qu'allait-on penser de moi etc...»

 

Pendant les 6 à 8 premiers mois, j'ai dormi 18h00 par jours !!! Et encore aujourd'hui au bout de 2 ans et demi, je fais une sieste tous les après midi!!!! Je n'ai pas encore récupéré toute mon énergie.

 

Concernant le soutien familial, là ce fut un peu le néant: à cette époque, j'étais célibataire et dans un sens heureusement pour moi. Mes parents, sœur etc... N’ont pas vraiment compris: pour eux j'avais juste un petit coup de mou et il suffisait que je sorte, me repose «un peu» et ça allait aller!!!!

 

Heureusement, les professionnels m'ont aidés: j'ai été suivi par ma psychologue (au début je la voyais toutes les semaines) et le psychiatre. Avec eux, j'ai pu comprendre ce qui m'avait amené à ce burn-out (problèmes à mon travail et ma façon de fonctionner).

 

Et puis, contrairement à ce que je pensais, ma hiérarchie m'a soutenue.

 

J'ai bien évidemment été «contrôlée» par rapport à mon arrêt de travail et les demandes de prolongations, et j'ai ressenti à chaque fois de la bienveillance.

 

Aujourd'hui, je ne culpabilise plus d'être fatiguée quand je le suis.  

 

J'ai appris à prioriser et à relativiser ce qui doit l'être.

 

J'ai rencontré un homme merveilleux (avec qui je vis) et qui a tout de suite compris ma situation et qui me soutient.

 

Je ne sais ce que sera la suite, mais je ne m'angoisse pas pour cela, je laisse venir. Cela ne veut pas dire que je ne fais rien, mais je fais ce que je peux et surtout j'écoute mon corps.

 

Et enfin, le témoignage de Marina, du blog Confession d'une accro du budget.

 

 

Je me décris toujours comme une hyperactive perfectionniste. Perfectionniste, je sais que ça me mange de l’énergie et que ça mine le moral sans aucun bénéfice. Je sais que je me donne une pression parfois inutile, mais parfois, justement, connaître ses « défauts » ça empêche d’entendre les avertissements que notre corps nous envoie.

Les faits

Lorsque j’ai été embauchée dans mon nouveau poste il y a 3 ans, j’étais enthousiaste et aussi un peu effrayée.

Enthousiaste d’avoir trouvé un poste très complet, très autonome, et qui avait l’air hyper polyvalent. Enthousiaste car j’allais faire 32 heures sur 4 jours, ce qui me laissait mes mercredis avec mes enfants (4 ans et 5 ans et demi aujourd’hui). Enthousiaste car j’allais travailler pour 2 magasins, 2 jours sur chaque structure, avec la même direction qui m’a tout de suite laissé une autonomie que j’apprécie. Effrayée car la comptable que je remplaçais m’avait prévenue qu’il y avait une grosse charge de travail et que je devrais apprendre à dire non, à des employeurs qui ont une très forte culture du travail.

Deux magasins et une grosse charge de travail. Au bout d’un an, je demande une ré-évaluation de mon salaire (clairement j’étais sous-payée) qui est acceptée à condition que je m’investisse en plus dans l’assistanat de direction. En résumé : plus de travail, mais pas plus de temps pour le faire.

Je passe l’hiver 2013-2014 fatiguée, épuisée. Les relations avec mes employeurs et collègues se passent super bien, ils apprécient mon travail, tout va pour le mieux. En février je m’écroule sous un rhume (ba quoi, c’est vilain un rhume) et je prends un premier arrêt de 3 jours (en fait des jours de congé payés).

Mes journées au travail sont des sprints effrénés. Je deviens sans m’en rendre compte, ce que j’appelle un bourreau du travail. J’ai coutume de dire « j’ai travaillé comme une brute ». Je finis souvent mes journées éreintée, vidée de toute énergie. Je boucle sur 1 jour et demi une semaine de comptabilité d’un magasin de 8 salariés : vérifier les caisses, les factures, les passer en comptabilité, faire les prévisions de trésorerie, les règlements fournisseurs… en plus des vérifications ponctuelles que les comptables adorent ;). Un jour et demi pour la compta d’un magasin, 1 jour et demi pour la compta de l’autre, et le 4ème jour pour l’administratif. Posé comme ça sur le papier, ça m’effraye avec le recul.

En septembre je demande à passer à temps complet pour avoir plus de temps pour tout faire. Demande acceptée, mais petit à petit la comptabilité me qui prend de plus en plus de temps et j’ai moins de temps pour faire autre chose. Je m’étais investie sur le site internet, sur la communication, mais je n’en n’ai plus le temps. Mes journées bien (trop) remplies deviennent petit à petit de moins en moins intéressantes pour mon côté créatif.

En décembre, je demande un entretien pour revoir l’organisation et la gestion de la charge de travail. Depuis 1 an je dis lors des entretiens que j’ai une grosse charge de travail et comme je suis perfectionniste et impliquée je veux le faire du mieux possible. Un des magasins va s’agrandir et je crains la surchauffe. Mes employeurs me rassurent sur mes capacités, mon « talent pour l’organisation et la gestion du temps », leur confiance, et m’incitent à laisser de côté l’assistanat de direction pour me recentrer sur la comptabilité.

La descente

Avant mes congés de Noël, je commence à me coucher en me disant « je ne peux plus, je n’arriverai pas à me lever demain » et en pleurant. Si je me réveille dans la nuit, je cogite, je pense à ce que je dois faire, ce que j’ai oublié… Je tiens le coup car mes vacances arrivent, mais je reviens sans être vraiment reposée.

Le jour où le nouveau magasin ouvre c’est le déclencheur. Je passe une journée complète sans pouvoir travailler convenablement car je n’ai pas de poste informatique (le déménagement a eu lieu l’avant-veille mais il y a eu des bugs). L’ambiance est tendue, tout le monde est sur les nerfs. Je rentre chez moi en pleurant, j’embrasse mon mari et mes enfants, je me couche sur le canapé en pleurant. « Je suis juste si fatiguée. » sont les seuls mots que je peux dire.

Je dîne, je vais me coucher à 20h00, et je m’endors en pleurant à la pensée que le lendemain il faut se lever à nouveau.

C’est là que je décide d’aller voir mon médecin. Je m’effondre dans son cabinet et sans surprise il diagnostique un surmenage. Une semaine d’arrêt, du Lexomil pour dormir. Mes employeurs sont à la fois surpris et inquiets, et m’incitent à me reposer et prendre soin de moi.

Je retourne au travail au bout d’une semaine, j’étais vraiment bien à la maison, mais je sens que si j’y reste j’aurais énormément de  mal à retourner au bureau. Au bout de 2 semaines, j’envoie un mail d’appel au secours à mes patrons, à 4h00 du matin. Ils s’aperçoivent alors de tout ce que je porte et décident de m’aider, en me déchargeant (temporairement) de certaines tâches. Ils se rendent compte que je suis en plein burn-out  et j’ai la chance qu’ils soient très compréhensifs et conscients.

Je réalise

Cette semaine, mon collègue, le comptable d’un autre magasin du groupe m’appelle. Il a saisit les 160 premières factures de janvier du nouveau magasin (il m’en reste donc 80 à faire cette semaine avant la TVA et ma semaine de congés). Il s’inquiète pour moi, me dit que cela lui a fait plaisir d’avoir pu m’aider. En discutant, je me rends compte que ma perception de moi-même est complètement faussée. J’ai toujours regardé mes patrons, certains de mes collègues, avec admiration devant le travail qu’ils fournissent, mais je n’ai jamais voulu réaliser que moi aussi j’en faisais autant.

J’ai toujours eu la crainte d’être un imposteur, la crainte qu’un jour on se rende compte que je ne suis pas si intelligente que j’en ai l’air, j’ai toujours placé la barre très haut.

Avec la surcharge de travail, je me suis totalement désinvestie de mon poste. Je mène mes journées en pilote automatique, sans sens pour moi.

J’ai relu hier des mails que j’envoyais à mes patrons. En même temps que je demandais un entretien pour voir comment organiser mon emploi du temps, je leur proposais de faire des heures supplémentaires pour donner un coup de main sur le déménagement du nouveau magasin.

On me disait que j’avais l’air fatiguée, ce à quoi je répondais « oui je n’arrive pas à m’endormir ».

J’oubliais parfois des détails, des règlements, et je me fustigeais de ne pas faire plus attention, de ne pas faire plus d’effort.

Après la conversation avec mon collègue, j’ai relu un article sur le burn-out et ses signaux d’alertes. Je me suis aperçue que j’étais dans la négation totale de mon mal-être. Que les modèles que j’admirais pour leur esprit travailleur, peut être que j’en étais un pour les autres moi aussi. Et que les modèles cela peut être destructeur. J’ai eu cette révélation, et j’ai eu l’impression d’un grand vide en moi. Toutes mes croyances se sont effondrées d’un coup.

On veut toutes être une mère bienveillante, une épouse attentionnée, une maîtresse de maison accomplie, une professionnelle reconnue et une sportive au top. On veut coller à des rôles que l’on s’impose via notre vision du regard des autres. Et on oublie totalement qui on est. De la même manière qu’on n’arrive pas à être objective sur notre physique lorsque l’on voit notre reflet, on finit par se percevoir à travers deux filtres superposés. Le filtre du regard des autres, mais notre propre filtre sur leur regard sur nous.

Remonter en selle

Il va me falloir réapprendre. Réapprendre à être moi, à ne plus courir, réapprendre à donner du sens à mes engagements. Le chemin risque d’être long, mais j’ai la sensation, l’intime conviction, que je vais pouvoir me révéler à moi-même, comme sortie d’une chrysalide.

J’ai bien sûr besoin de repos. Je suis en vacances dans une semaine. D’ici là je vais essayer de ne pas me stresser avec tout ce que je devrai faire pour être à jour, oser demander de l’aide au travail, mais aussi dans ma vie perso, à mes proches, et à une psychothérapeute.

Ce burn-out, dont je n’ai pas voulu écouter les prémices, n’est pas une dépression.

 A 33 ans, je suis heureuse dans ma vie. J’ai envie de jouer, de chanter, d’écrire sur mon blog, d’aider les autres, de chausser mes runnings, d’aimer…

Je suis juste fatiguée de ce rythme que je me suis imposée au travail, 8 heures par jour, 4 jours par semaine. Parce que si on arrive à faire plus de choses en 1 heure qu’il y a 2 mois, ça n’est pas forcément sans conséquence. Si j’appuie trop sur l’accélérateur de ma voiture, son réservoir va se vider plus vite que si je ménage son moteur. Et cela fait trop longtemps que je roule sur la réserve.

 

www. accrodubudget.com

 

Je vous joins aussi un lien vers un article très intéressant sur le burn-out du blog Zen et organisée

 

interview de Liliane Holstein sur le burn-out parental

 

Voilà pour cet article particulièrement touchant, et encore merci à celles qui m'ont fait confiance pour m'envoyer leur témoignage. Merci Adeline, merci Véronique, et merci Marina.

N'hésitez pas, vous aussi à partager votre expérience du burn-out, ou simplement à poser des questions, nous essaierons de vous répondre du mieux possible. Et n'hésitez pas à parcourir le blog de Zen et Organisée, qui y est en grande partie consacré.

 

A bientôt!

 

 

 

 

 

 

 

 

 


18/02/2015
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La quête de la perfection ou le Burn-Out.

     Bonjour, je m'appelle Sandrine, je travail environs 112 heures par semaine, et j'ai un patron très exigent.

 

     Mon métier? Il est multiple, mais on l'appel femme au foyer.

     Mon patron? Moi...

 

     Lorsque l'on est maman au foyer, on n'a pas de métier reconnu, donc, en quête de reconnaissance sociale, on cherche à prouver notre valeur.

 

     La société actuelle ne cesse de véhiculer des images de femmes parfaites, non, de familles parfaites, avec une mère toujours souriante, mince, magnifique, qui regarde avec amour ses enfants parfaitement habillés, toujours propres, sagement en train de jouer dans une chambre ou un salon parfaitement décoré, pas dérangé...

 

     Evidemment, cette maman à plusieurs enfants, mais elle gère tout de front sans problèmes.

 

      Et évidemment, elle leurs prépare de bons gâteaux fait maison pour le goûté, car ceux du commerce sont (empoisonnés?) nocifs pour leur santé, et elle ne prépare que des purées maisons pour ses bébés. Tous ses repas sont composés de façon à être équilibrés.

 

     Son chignon est toujours parfait, et sa tenue, toujours recherchée.

 

     Cette maman fait très attention à ce qu'elle mange. Et elle fait du sport plusieurs fois par semaine.

 

     Elle est toujours à jour dans ses tâches ménagères: vous pouvez venir à n'importe quelle heure, sa maison (avec ses enfants) est toujours en ordre, et en plus, ça tombe bien, elle vient de préparer des cookies!...

 

Bree_Van_Der_Kamp.jpg


     Vous vous reconnaissez dans cette description?

Pas moi, et je pense qu'aucune de nous ne le peut (ne le dois?).

 

     Cette image véhiculée par les médias est malheureusement la cause d'un des nouveaux maux de notre société: LE BURN-OUT.

 

     Pourquoi on n'y arrive pas, nous à coller à cette image? Pourquoi nos enfants à nous ne sont-ils pas aussi sage que sur ces photos? Pourquoi ma maison ne ressemble-t-elle pas à ces photos de magazines? Où est-ce que l'on s'est trompé? Qu'est ce qu'on à raté?

 

     (On peut nous reprocher d'être influençable, mais que celui qui ne fait jamais attention au  regard d'autrui me jette la pierre. De plus cette image est tellement véhiculée à travers chaque média (et il y en à de plus en plus) que cela confine au lavage de cerveau.)

 

     Là commence le cercle vicieux: on va faire plus d'effort pour "Y" arriver, on va travailler plus, on va plus donner de sa personne... Pour au final finir par craquer et se retrouver tellement fragilisée par nos doutes et notre envie de coller à notre idéal, qu'un matin on se réveille avec un grand vide à l'intérieur. Un fossé... Un abîme....

 

     Mais que ce passe-t-il? Pourquoi suis-je si fatiguée alors que je viens de me lever? Allez, ne t'écoute pas, c'est parce que tu ne fais pas assez d'efforts pour arriver à ton but! Aller, donne plus de toi même...etc...

 

     Tout ça pour se rendre compte un jour que l'on est passé à coté du principal:sa vie, ses enfants.

 

     Qui peut espérer avoir une maison parfaite, une silhouette parfaite, avec tout ce que ça engendre comme sacrifices, et en même temps avoir vu ses enfants grandir et s'épanouir?

 

     Je sais que j'ai ouvert un blog sur la décoration et l'organisation, et que mes propos dans ce billet paraissent peut-être paradoxaux, mais justement, et parce que j'ai mis un pied dans le burn-out et que j'ai touché du doigt la dépression (et que c'est en partie grâce à ce blog et les projets que ça engendre que j'ai sortie la tête de l'eau),j'essaie, dans tous mes billets sur l'organisation, de vous faire entrevoir que s'organiser, c'est bien et ça facilite la vie, mais que l'on doit s'organiser pour vivre, et non pas vivre pour s'organiser. De plus, ce que je partage avec vous dans mon blog fait partie de mes passions, et se consacrer à ses passions aide à se sortir des idées noires.

 

     Alors c'est vrai, j'essaye de faire de belles photos pour le blog, car j'ai envie qu'il marche, et que les "belles photos" , ça fait vendre, mais je tiens à ce que vous sachiez que mes photos me donnent beaucoup de travail, de rangement et de nettoyage, pour être plus vendeuses.

 

     Mais ma maison n'est pas parfaite! Regardez mes "vraies" photos, pendant que je tape cet article, de mon bureau encombré et de mon salon:

 

DSCN0667.JPG

 

DSCN0655.JPG

 

     Il m'arrive d'avoir de longues journées de retard sur mon ménage, je cumul souvent les panières de linge, mes enfants me font m'arracher les cheveux, et je crie au moins autant que je rie.

 

     Mais toute la différence est là: maintenant, je reconnais la normalité de la chose, et je n'ai plus honte. Et du coup, tout cela me parait beaucoup plus acceptable.

 

     J'irai même plus loin, je ne fait que très rarement des gâteaux à mes enfants, je leur ai fait manger des petits pots quand ils étaient bébé (et ils ont survécus!), je ne vais chez le coiffeur en moyenne que tout les...euh... 2ans? Et ça ne fait pas de moi une mauvaise mère.

 

     J'ai fait le choix de témoigner sur mon blog, parce qu'il me semble important de partager cette souffrance, et pour essayer d'ouvrir les yeux à toutes ces apprenties femmes parfaites qui ne se rendent pas compte qu'elles sont en train d'y laisser leur santé.

 

     Ce billet à été écris suite à un post sur facebook d'une maman qui est malheureusement tombée dans le BURN-OUT, et qui faisait suite à de nombreux messages de mamans en désarrois de ne pas "Y" arriver, ne voyant que ce qu'elles ne faisaient pas, mais oubliant tout ce qu'elles ont fait à coté, comme prendre soin de leur tout petit qui à du mal à quitter les bras.

     Je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas faire d'efforts, mais seulement qu'il faut savoir aussi s'écouter de temps en temps, et surtout, que notre vie doit ressembler à ce que nous voulons qu'elle soit, et non pas à ce que l'on pense que la société attend de nous.

 

      Posez vous la question de savoir OU s'arrêtera votre quête de la perfection, et ce que vous êtes prêtes à sacrifier, car malheureusement, on y laisse des plumes...

 

     Je vous laisse un lien qui parle bien du sujet: "le burn out maternel" de zen et organisé

 

     Dans un futur billet, j'aimerais partager avec vous des témoignages de femmes qui ont subies ou subissent encore un burn-out. N'hésitez pas à partager vos expériences en commentaires, ou vos questions, pour que l'on puisse faire connaitre ce mal de la société actuelle: la quête de la perfection...

 

 

 La suite ici avec trois témoignages touchants.

 

 

 

 

 


06/02/2015
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