Mon Carnet Déco

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Epuisement maternel et Burn-out

Ici, on parle de ce qui nous touche, nous fait plaisir, ou nous rend triste... Et on y parle burn-out et épuisement maternel.


Mon Burn out : 2 ans après

Bonjour à vous !

Il y a deux ans, quand j’ai ouvert mon blog, j’étais en plein burn-out.

 

Ouvrir ce blog était pour moi une thérapie, une façon de me sortir de cette espèce de cycle infernal de quête de la perfection dans lequel j’avais sombré.

 

Je vous en ai d’ailleurs parlé dans mon billet "La quête de la perfection ou le burn-out » (qui a d’ailleurs été repris en partis dans un article sur  les mères parfaites dans le journal Le Monde).


Cet état de burn-out, même s’il a été terrible, a eu, à long terme, un aspect plutôt bénéfique sur ma vie actuelle.

 

mon apres burn out . www.mon-carnet-deco.com


Il m’a ouvert les yeux sur une foule de choses dont je n’avais absolument pas conscience.


Le fait est que l’on a tous, un jour, voulu être différent. Plus grand, plus fin, plus malin, plus doué…


On a en fait l’impression que de changer quelque chose dans notre apparence, notre culture, ou notre savoir, ferait de nous quelqu’un de différent. De mieux.


Mais le problème, c’est qu’à se focaliser sur ces prétendus manques, nous oublions de voir ce qu’il y a de bien en nous… On se déprécie.


Quand j’ai commencé à aller mieux, j’ai longtemps eu la sensation d’être sur un fil, à vingt mètres du sol, et sans filets.

 

Comme si la moindre petite chose pouvait me faire replonger.

 

Mais je ne veux pas sombrer à nouveau.

 

il m'a donc fallu regarder les choses en face, et réfléchir profondément à ce qui m'a fait en arriver là. Et faire en sorte de ne pas recommencer les mêmes erreurs... Cela m'a demandé des mois, de longs mois, avant de commencer à voir une différence.

 

Mais petit à petit, le changement se crée. Pas à pas... Je m'écoute, et apprends à voir les signes, et j'opère alors des changements dans ma façon d'être, et pratique la méthode Coué.


J’apprends à voir ce que je suis réellement, et pas ce que je pensais être.


J’apprends à accepter ce que je suis, et non plus à vouloir être quelqu’un d’autre.


C’est comme un cheminement, long et sinueux, mais qui renforce mes défenses à chaque pas.



« Certains croient que tenir bon nous rend plus forts, mais, parfois, le plus dur est de lâcher prise ». – Hermann Hesse


Par exemple, j’ai toujours admiré ces personnes pour qui tout semble simple, qui ne se posent pas de questions, et fonctionnent à l’instinct.

 

Je ne suis pas comme ça.

 

Tout est pour moi source de questionnement, je dois analyser, disséquer, étudier la moindre prise de décision, tout comme j’ai l’impossibilité de m’empêcher d’analyser les êtres humains. C’est un état de fait qui me faisait assez souffrir.


J’ai essayé longtemps de lutter contre ça, mais dans cette phase de reconstruction d’après-burn-out, j’ai fini par accepter ces aspects de ma personnalité.


Et le fait est que, depuis que j’ai appris à vivre avec, cette capacité s'est développée, et maintenant que je ne lutte plus contre, j’en ai même fait un atout.

 

Je m’écoute, et j’écoute mon opinion sur les autres. Je me fais ma propre opinion : je me fais confiance (je suis sur la bonne voie). Je n’écoute surtout plus jamais ceux qui me disent d’arrêter de me poser des questions. Parce que c’est ma façon de fonctionner, ça fait partie de moi.

 

Nous sommes tous différents.

 

Nous avons chacun notre façon de fonctionner...

Un autre aspect positif de ce que m’a apporté le burn-out, c’est une capacité plus grande à sortir de ma zone de confort, à prendre des risques. Parce qu'après ça, j'ai appris à relativiser les choses.


Depuis que je suis ado, je rêve de faire un métier de création, d’avoir une boutique à moi, mais je me suis toujours trouvé des excuses pour ne surtout pas réaliser ce rêve.

 

Pensez-vous! Et si je me trompais ? Et si ça ne marchait pas ?? Et si c’était un échec ??? Non, je ne peux pas me permettre ça, j’ai des enfants, une maison…


Mon burn-out m’a appris une chose : c’est que quand on s’en donne les moyens, on peut vraiment sortir de situations qui peuvent paraître désespérées… Il faut avancer étape par étape. Un pas après l'autre...

 


« Si vous deviez un jour vous transformer vous-même, faite-le un peu chaque jour ». Confucius


Je ne vous cache pas que pendant la période la plus noire de mon burn-out, j’ai eu des idées on ne peut plus sombre. Mais  j’ai réussi à donner l’impulsion nécessaire pour remonter à la surface, en me créant un projet (mon blog à l’époque).

 

C'est important un projet.

 

Ça porte, un projet....

 

Et au fur et à mesure du temps, les choses m’ont paru plus claires. Il faut garder courage... Avancer à petit pas. Ne pas être pressé...


Vivre, c’est prendre des risques, se tromper, essuyer des échecs, tomber, mais c’est surtout se relever, apprendre de ses erreurs pour ne pas les refaire, écouter les voix bienveillantes de ceux qui nous accompagnent sur ce chemin.

 

Et accepter l'échec. C'est normal de se tromper. C'est normal d'échouer. L'échec est une valeur que la société ne nous apprend pas. Il faut juste savoir en tirer les leçons...

« Le succès, c’est aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Winston Churchill



Cela fait maintenant 1 an que je travaille sur un projet qui me tient à cœur, un projet que jamais je n’aurais pensé réaliser un jour. Un projet qui me fait peur, et m’empêche de dormir la nuit, mais surtout un projet qui me porte, m’exalte et me rend impatiente.


Je pense sincèrement que si je n’étais pas passé par cette phase difficile, jamais je n’aurais osé me lancer. Et très sincèrement, je l’aurais regretté.


Alors mon chemin est encore semé d’embûches, mais j’avance, un pas après l’autre, je lâche prise quand avant je me battais contre des moulins à vent, et je me rapproche de mon but. Même s’il risque de se terminer par un échec. On apprend de ces échecs.


Tous mes travers n’ont pas disparu, simplement, maintenant, je fais avec. Et j’avance. Et je ne suis pas devenue non plus une optimiste aveugle, non, c’est mieux : je suis devenue réaliste. Je vois le bon et le mauvais. Parce que ça fait partie de la vie.


Ce blog est d’ailleurs une des marches de mon mieux-être, et je ne sais pas comment faire pour vous remercier d’être là, de me suivre, me soutenir, me laisser des petits mots, je ne pense pas que vous aillez conscience de ce que ça m’apporte…


Enfin, tout ça pour dire que finalement, malgré les souffrances que m’a apportées ce burn-out, je ne regrette pas d’en être passé par là, tout simplement parce que cela m’a permis de mieux me connaître, et surtout de m’accepter… En tout cas, disons que je suis sur la bonne voie.

 


« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. À te regarder, ils s’habitueront. » René Char

 



Je vous dis à très vite !

 

 

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06/03/2017
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Wonder maman : la bienveillance envers les autres, commence par soi même…

Bonjour à vous !

 

Il y a quelque temps, j’ai partagé avec vous un article qui me tenait vraiment à cœur, sur le burn-out

Aujourd’hui, je vais vous parler des leçons que j’en ai tirées… Car même si mon burn-out a été un moment terrible à passer, j’en ai tiré du positif…

 

burn out être bienveillant envers soi

 

Pour rappel, le burn-out est un processus du corps qui nous affecte quand on est en surmenage, physique et psychologique… Il nous « déconnecte » pour notre survie…

 

Je me suis vu tellement épuisée, dés le pied posé par terre le matin… Non, en vérité, même avant… Dès l’œil ouvert, j’entendais mes enfants crier et faire du bruit dans leur chambre, et là, je me demandais comment j’allais pouvoir affronter cette énième journée, alors que j’étais déjà sans énergie…

 

Puis, est arrivé ma période déconnexion… Comme si j’étais à l’extérieur de mon corps, et que plus rien ne m’atteignais…  Je m’occupais de mes enfants, certes, mais pas comme je l’aurais dû… Je n’étais plus touchée par leurs câlins, ni leurs pleurs, tout me paraissait être une perte de temps fasse à la somme énorme de travail qui m’attendait… j’étais devenu un robot, programmé pour prendre soin de mes enfants, mais sans empathie…

 

J’ai lutté pendant deux longues années contre ce mal qui me rongeait. Lutté… Jusqu'à ce que je me trouve si épuisée, que même parler m’était devenu difficile… Je n’arrivais plus à me défendre… Et je me traitais de moins que rien… Incapable de faire ce que toute maman fait… Et je vous jure, qu’a ce moment là, mes idées sont devenues très noires…

 

Je suis une battante ! Je lutte sans cesse… Mais un jour, j’ai eu un déclic, et je me suis rendu compte que la lutte devenait trop difficile… Alors je me suis laissé couler… Pour de bon. Je me suis donné le droit de m’effondrer… Et c’est à partir de là, que j’ai réussi à remonter.

 

Je me donne l’image d’une piscine… Si on surnage, longtemps, luttant pour ne pas sombrer, on finit par couler, épuisé, et incapable de remonter… Alors que si on se laisse couler au fond, on a la possibilité d’y donner une impulsion pour remonter, et on a même la force de rejoindre le bord pour en sortir…

 

Donnez-vous le droit à la faiblesse… Ce n’est pas une faute…

 

Suite à cet épisode qui m’a considérablement renforcée, je vous donne quelques astuces que j’ai mises en place pour essayer de ne pas retomber :

 

La première, c’est de vous considérer comme un enfant. Parlez-vous comme vous parleriez à un enfant ! Jamais vous ne lui diriez « aller, soit plus fort, tu abuses là, tu n’en fais pas assez !!! Tu n’as pas honte d’être si faible !!! » Soyez bienveillant envers vous-même comme vous le seriez avec les autres… Parlez-vous comme à un ami… et appliquez les conseils que vous donnez aux autres…

 

La deuxième, c’est de vous créer une liste de vos priorités… Je ne vous parle pas de votre travail, mais de votre vie. Quelles sont vos priorités pour être heureux ? Notez-les, gardez cette liste précieusement, dans un carnet de bonheur, par exemple, et quand vous commencez à vous sentir débordé de tous côtés, ressortez-là, lisez-là, et appliquez-la…

 

Ensuite, faites une liste de vos projets… Dans l’ordre de priorité, et ne les attaquez qu’un par un… On sait tous cette réputation qu’on les femmes de savoir faire plusieurs choses à la fois, mais je vous assure que de ne vous concentrer que sur une seule chose à la fois, ça nous permet de le faire bien, et surtout, sans épuisement

 

Et enfin, je vous propose de réapprendre la patience… Même si on est dans une société du « Tout ! Tout de suite », patienter, et voir un projet se concrétiser, en appréciant chaque étape, pour finalement le voir aboutir comme nous le souhaitions, c’est une joie sans pareil…

 

Et comme je vous le dis dans le titre, la bienveillance envers les autres commence par soi même… J’apprends à écouter ce qu’on me dit, les compliments qui me sont faits, et j’apprends à faire confiance en ceux qui me les disent…  Arrêtons de penser que tout n’est qu’hypocrisie, et vous allez voir quel poids cela retire de nos épaules déjà bien chargées…

 

Votre regard sur les autres changera, l’empathie arrivera, et ainsi, la bienveillance suivra : celle envers les autres, et celle envers vous-même…

 

Donnez moi votre opinion, vos idées, votre ressenti sur ce sujet, débattons, échangeront… Je vous attends, avec bienveillance…

 

 

Je vous dis à très vite!

 

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10/09/2015
54 Poster un commentaire

Vous témoignez: "Comment le burn out m'est tombé dessus".

     Hier, j'ai posté un article écrit par Véronique, qui avait déjà témoigné sur le burn out ici, et qui expliquait ce qu'est un burn out.

 

     Aujourd'hui, je vous livre le témoignage d'Audrey sur ce qu'elle vit. Je dois vous avouez que son témoignage m'a extrêmement troublé, car son vécu, son ressenti, ses jugements "d'avant" le burn out, je les ai tous vécu aussi. Cette incompréhension de ces mères qui se "débarrassait de leur enfants, cette lente mais inévitable chute, cette culpabilité... Absolument tous ses mots me sembles sortis de ma bouche... (mon témoignage ici)

 

 

Témoignage burn out, épuisement maternel

Comment le burn out m'est tombé dessus...

 

     Je m’appelle Audrey, j’ai 29 ans et je suis l’heureuse maman de 2 enfants, un garçon de 3ans et 4 mois, et d’une fille de 10 mois. Ils sont en bonne santé, sont beaux comme des cœurs, nous n’avons pas de problème particulièrement compliqués à affronter.

 

     En principe, je ne devrais donc pas poster sur le sujet du « burn out maternel ». Et pourtant si. « Burn out maternel »... A vrai dire, j’en ai entendu parler il y a environ 2 ans, alors que je travaillais. J’avais lu un article à ce sujet, une maman au foyer qui en parlait.

      Je me souviens alors de ma réaction plus que tranchée… « Il ne faut quand même pas abuser sérieux ! Tu es chez toi, à ne rien faire de tes journées et tu te plains de tes gosses ! Ben, retournes au boulot dans ce cas ! Ou viens à ma place, on en reparlera… ».

 

     A cette période, mon garçon venait d’avoir ses 1 an, il allait 4 jours par semaine chez la nounou, de 7h45 à 19h. Je travaillais à plein temps, dans un milieu qui me plait. J’avais 2h de trajet par jour pour aller au travail, une pause déjeuné à bosser, je rentrais le soir vers 19h15, et ne profitais de mon fils que 45 min par jour. « Heureusement », j’avais mon lundi en jour de repos… Enfin, dans ce cas, la définition de repos rimait plus avec ménage, aspirateur, serpillère, courses, dépoussiérage, paperasse, machines à laver etc.…

 

     Je culpabilisais de bosser autant, de le voir si peu. Il a grandit à la vitesse grand V et j’ai eu l’impression de passer à côté de beaucoup de choses, de son évolution, de Lui, tout simplement...

     Je me souviens, lors de mes lundis de « repos », alors que je passais devant la future école de mon fils aux heures de sortie de classe, me faire la remarque que quand même, voir des mères arriver 5 à 10 min avant la sortie des cours, elles ne devaient pas grand-chose à faire de leurs journées.. Alors que moi, j’étais en speed tout le temps, dans cette spirale infernale.

     Les statuts de mes amies sur les réseaux sociaux, lors des reprises d’école après 15 jours de vacances scolaires, du genre « youhouuuu ils reprennent l’école ! Vacances pour moi !!! » M’exaspéraient. Comment peut-on écrire ça ?? Alors que moi je n’aspirais qu’à une seule chose : prendre du temps avec mon enfant.

 

     Et puis je suis tombée enceinte de ma fille. Mon fils avait à peine 2 ans, il était déjà entré dans cette période du « terrible two », un peu compliqué à gérer.

     Col ouvert à 2 à 5 mois de grossesse, repos obligatoire. Ma grossesse s’est passé bonnant-malant, et le chemin s’est fait dans ma tête… Et si je prenais un congé parental pour m’occuper d’eux ? Ainsi, je pourrais accompagner mon fils pour sa toute première rentrée scolaire, il n’irait pas à la garderie de 7h45 à 19h, pas de centre de loisirs le mercredi ni pendant les vacances scolaires... Je le trouvais petit  pour ça.

      En même temps, je profiterai de ma fille à 100%, de toutes ses évolutions. Et puis ce serait l’occasion de me mettre à la couture. C’est sympa la couture. Je ferai des doudous, j’essaierai de faire des sarouels. Et puis les bébés nageurs que je ne pouvais pas faire avant le samedi matin, vu que je travaillais, et bien là, j’irai ! Et je me mettrai à la zumba, ça à l’air sympa et ça fait longtemps que je veux en faire... Mais avant, avec le travail, je n’avais pas le temps

     Je ferai les gâteaux préférés de mon fils, je leur ferai faire des activités Montessori et on sortirait souvent se promener en pleine nature. Bref, on aurait pris notre temps...

 

     J’avais tout planifié. Ou presque. J’ai accouché en avril, d’une merveilleuse petite fille, en parfaite santé. Mais je n’avais pas planifié d’être ré hospitalisée 7 jours après mon accouchement, pendant 3 jours, pour une pré éclampsie du post partum. Ni cet allaitement douloureux et raté, ni cette mastite, ni cette tension difficile à faire baisser, ni la pyélonéphrite et tous les examens liés, ni un bilan hépatique déréglé et tous les examens en urgence, tout ça en 2 mois post partum.

     J’étais épuisée, éreintée physiquement. Ma fille ne dormait que 30 min le matin et 30 min l’après midi, le reste du temps elle était collée à moi, je ne pouvais rien faire d’autre, même si j’adorai ce contact.

 

     Septembre est arrivé… La rentrée scolaire de mon fils et la course à commencé. Je n’avais trouvé aucune activité physique pour mon fils qui avait ce besoin de se dépenser, je ne m’étais ni inscrite à la zumba, ni fait les inscriptions aux bébés nageurs, mon projet de couture était au point zéro et je courais tout le temps.

      Le matin, je courais pour habiller mon fils, qu’il veuille bien partir à l’école, gérer ses crises. Je le récupérais à midi, le re-déposais à 13h40, le récupérai à 16h ou 16h30.

 

     Et entre tout ça ? M’occuper de ma fille, du linge, de la maison, des repas… Mon fils n’étais pas propre pour les selles, je nettoyais des sous vêtements souillés 3 fois par jour, je n’en pouvais plus. Moi qui n’étais pas du tout ménage et le faisait une fois par semaine, j'ai commencé à le faire tous les jours.

Après tout, j’étais à la maison, je n’avais pas le droit d’avoir une maison sale.

 

      Mon mari, bien que très compréhensif, s’est complètement reposé sur moi pour tout ce qui concernait  la maison, la paperasse, l’éducation des enfants, tous les soucis de voiture, etc. Il partait de temps en temps en déplacement, me laissant seule tout gérer, sans aide de proximité pour prendre le relais ou souffler.

 

     Il me disait de prendre du temps pour moi, qu’il le fallait. Mais pour faire quoi ? Avec qui ? Comment ? Et qui s’occupera des enfants ?

     Et puis un matin, je me suis levée, plus fatiguée que jamais.

     Je n’avais pas envie de me lever. Les enfants pleuraient mais je n’avais pas envie d’aller les voir, pas envie de me lever, pas envie de me battre avec mon fils pour qu’il daigne s’habiller, mettre son manteau, mettre ses chaussures, qu’il me tienne la main pour aller à l’école.

      Le soir, éreintée, je ne trouvais pas le sommeil, trop de choses dans la tête, tout le temps.

Je pleurais en silence dans le lit.

 

     Il fallait que j’en parle à quelqu’un. Mais à qui ? J’ai appelé mon médecin qui m’a dirigé vers un psychiatre. J’étais en larmes. Lors du rendez-vous, à la question : « qu’est ce qui ne va pas ? ». Ma seule réponse a été: « je ne sais pas » A sa question « Pourquoi êtes-vous là ? » … « Pour m’en sortir ». A sa dernière question « Mais que souhaitez vous faire pour être bien? » : « Je ne sais pas. Je ne sais plus ».

 

     Perdue en route. Je m’étais perdue en route. Trop occupée à tout faire pour mes enfants toute la journée, tous les jours de la semaine, je m’étais perdue en route. Je me sentais si seule, désespérément  seule. Je passais mes journées sur le net, pour peut être discuter avec quelqu’un de connecté en même temps que moi.

J’étais cette mère qui arrivait 5 à 10 min plus tôt à la sortie des classes, juste pour apercevoir telle ou telle maman, pour échanger quelques mots en dehors de ceux échangés avec mon fils et des babillages de ma fille.

Je filtrais mes photos et dispensait les plus jolies sur facebook, pour qu’on s’intéresse un peu à moi. A mon anniversaire, j’en ai voulu à ceux qui l’avaient oublié. Pourquoi est ce qu’on m’oublie tout le temps moi ?

 

     On me disait « prends du temps pour toi, tu as l’air épuisée ». J’avais envie de dire « Mais dis moi comment en prendre du temps pour moi ! Je ne sais pas, je ne sais plus ! Je ne sais plus ce que ça veut dire « prendre soin de soi », je ne sais plus ce que veux dire « prendre un café avec une copine ».

On me disait quoi faire mais personne ne m’en donnait les moyens.

 

     Le mois dernier, j’ai commencé à vomir de façon régulière. J’étais à fleur de peau, angoissée, abîmée de l’intérieur, à vif.

     Les idées noires ont commencé à apparaitre, il fallait réagir. Mon mari à un peu forcé les choses et nous avons réussi à obtenir une place en crèche pour une journée par semaine pour ma fille.

 

      J’ai accepté que notre fils aille cette même journée à la cantine. Ainsi, je me libérerai tous les vendredis pour moi, je me les accorderai, pour me retrouver, me ressourcer.

 

     Je suis allée voir mon médecin qui m’a mis sous anxiolytiques, pour pouvoir enfin dormir et calmer mes angoisses.

C’est un grand pas en avant, même si je culpabilise, si je m’en veux, si je me dis que je suis nulle.

 

     Je pleure en écrivant ce billet car j’ai honte. Honte de moi, honte de me faire passer avant eux. J’ai un rendez vous  au CMP (Centre Médical de Proximité) la semaine prochaine, pour qu’ils me donnent les moyens de sortir de ce cercle infernal.

 

     Mon fils commence la cantine demain. Ma fille a commencé son adaptation ce matin. Le chemin sera très long pour que je puisse me retrouver… Ne me demandez pas ce que je ferai de mes vendredi « off », je n’en ai encore aucune idée….

 

 

 

 

 


24/03/2015
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