Mon Carnet Déco

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La quête de la perfection ou le Burn Out. (suite)

     Bonjour à vous!

 

     Suite à mon premier article sur le burn-out, que vous pouvez retrouver ici, je vous avais proposé de faire une suite. Vous avez été nombreuses à témoigner dans les commentaires, et ce billet à été vu de très nombreuses fois, signe que c'est un sujet qui vous touche autant que moi. je pense malheureusement qu'avec la vie que nous menons, nous en sommes toutes plus ou moins conscientes, on ne peut PAS tout faire, mais certaine se dépassent, au détriment de leur santé. Je m'efface ici pour laisser la place à ces témoignage:

 

la quête de perfection ou le burn out suite

 

Témoignage d'Adeline:

 

 

En fait, tout s'installe très insidieusement, sournoisement, je dirai ! Pour mieux comprendre, je dois revenir quelques mois en arrière : notre fille, Marie, aujourd'hui âgée de 22 mois, est entrée dans notre vie par adoption. C'est la plus belle aventure qu'on ne m'ait jamais permis de connaître ! Elle est arrivée à 3 mois et demi après 10 longues années d'attente et de souffrance. C'est une petite fille rayonnante, pleine de joie, heureuse de vivre et aussi très demandeuse en attentions, bras, câlins ... Impossible de s'éloigner d'elle sans déclencher angoisses et pleurs ! Autant dire que la pression était grande. Je me devais de l'accueillir dans les meilleures conditions qui soient, d'être à la hauteur et d'afficher un bonheur sans faille. Cette pression venait aussi de l'extérieur, avec des petites phrases anodines du genre : "depuis le temps que vous attendiez, ce n'est que du bonheur !", "tu ne vas pas te plaindre maintenant que tu as ce que tu as tant réclamé!" ... Alors, je me suis tue, j'ai endossé le costume de super-maman souriante et jamais fatiguée, le costume de super-femme-au-foyer qui a toujours une maison propre et rangée, le costume de super-épouse épanouie et heureuse et enfin le costume de super-femme-sociable qui continue à voir des activités extérieures ! Oui, mais il y a un mais ... Ces costumes pèsent lourd et épuisent à petit feu. Sans m'en rendre compte, je suis devenue l'ombre de moi-même. Petit à petit, j'ai perdu la joie de partager des moments avec ma fille, j'ai perdu l'envie de communiquer avec mon mari, j'ai perdu la motivation pour aller aux quelques activités que j'avais gardées ... Bref, ma vie est devenue un grand vide ! Je me sens moi-même vide, vide d'envie, vide d'amour, vide de sens ... Voilà où j'en suis à l'heure actuelle : burn-out et dépression avérés. Je n'en suis pas fière, j'ai même honte de moi et je culpabilise beaucoup de faire plonger ma famille dans ce chaos mais j'ai quand même réussi à demander de l'aide. Je suis donc sous anti-dépresseurs et je suis suivie par une psychologue qui m'aide à mettre des mots sur mes maux. Je suis déterminée à gagner ce combat contre moi-même pour sauver ce que j'ai de plus précieux, c'est-à-dire ma fille et mon mari. Le chemin risque d'être long, tortueux et douloureux mais je crois qu'il est possible de voir le bout du tunnel ! Je pense à toutes ces autres femmes, mères, épouses qui traversent la même épreuve et je ne peux que leur souhaiter beaucoup de courage et leur dire de prendre soin d'elles.

 

 

 

Véronique, infirmière en psychiatrie:

 

 

Je voyais une psychologue depuis 1 an ou 2, car je suis infirmière et je travaillais en psychiatrie à cette époque, et j'avais besoin "d'évacuer" avec une pro (hors travail).

 

Pendant des mois (peut-être 1 an ou plus même) j'ai essayé de faire mon travail le mieux possible (je suis d'une nature perfectionniste), mais cela me demandait de plus en plus d'énergie pour des résultats de plus en plus décevants.

 

J'ai essayé d'alerter ma hiérarchie à maintes reprises, mais les restrictions budgétaires et les pressions «managériales» n'ont pas permises (entre autres) que je sois entendue.

 

Et puis un jour en arrivant chez ma psy, je me suis mise à pleurer, pleurer. Je n'en pouvais plus.

 

Je lui aie dit que depuis plusieurs mois je n'allais pas bien (ce qu'elle avait quand même déjà remarqué): grosse fatigue, je ne faisais que travailler, dormir et manger un peu. Puis petit à petit, j'avais eu des migraines, puis de plus en plus de migraines, des insomnies, des angoisses, je devenais de plus en plus agressive... et vers la fin des vertiges. Je prenais la voiture pour aller au travail, et j'avais des vertiges !!!!

 

Elle m'a immédiatement dit qu'il fallait que je m'arrête, j'ai dit "oui, mais plus tard, là je dois travailler et de nuit...". Elle m'a dit "non maintenant". Et on est est allé voir son confrère (dans le même cabinet) un psychiatre, qui au départ m'a arrêté pour 15j.

 

J'ai été arrêtée au début de 15j en 15j puis de mois en mois etc.... car c'était très dur pour moi d’accepter cet arrêt. Je culpabilisais «le service, les collègues, qu'allait-on penser de moi etc...»

 

Pendant les 6 à 8 premiers mois, j'ai dormi 18h00 par jours !!! Et encore aujourd'hui au bout de 2 ans et demi, je fais une sieste tous les après midi!!!! Je n'ai pas encore récupéré toute mon énergie.

 

Concernant le soutien familial, là ce fut un peu le néant: à cette époque, j'étais célibataire et dans un sens heureusement pour moi. Mes parents, sœur etc... N’ont pas vraiment compris: pour eux j'avais juste un petit coup de mou et il suffisait que je sorte, me repose «un peu» et ça allait aller!!!!

 

Heureusement, les professionnels m'ont aidés: j'ai été suivi par ma psychologue (au début je la voyais toutes les semaines) et le psychiatre. Avec eux, j'ai pu comprendre ce qui m'avait amené à ce burn-out (problèmes à mon travail et ma façon de fonctionner).

 

Et puis, contrairement à ce que je pensais, ma hiérarchie m'a soutenue.

 

J'ai bien évidemment été «contrôlée» par rapport à mon arrêt de travail et les demandes de prolongations, et j'ai ressenti à chaque fois de la bienveillance.

 

Aujourd'hui, je ne culpabilise plus d'être fatiguée quand je le suis.  

 

J'ai appris à prioriser et à relativiser ce qui doit l'être.

 

J'ai rencontré un homme merveilleux (avec qui je vis) et qui a tout de suite compris ma situation et qui me soutient.

 

Je ne sais ce que sera la suite, mais je ne m'angoisse pas pour cela, je laisse venir. Cela ne veut pas dire que je ne fais rien, mais je fais ce que je peux et surtout j'écoute mon corps.

 

Et enfin, le témoignage de Marina, du blog Confession d'une accro du budget.

 

 

Je me décris toujours comme une hyperactive perfectionniste. Perfectionniste, je sais que ça me mange de l’énergie et que ça mine le moral sans aucun bénéfice. Je sais que je me donne une pression parfois inutile, mais parfois, justement, connaître ses « défauts » ça empêche d’entendre les avertissements que notre corps nous envoie.

Les faits

Lorsque j’ai été embauchée dans mon nouveau poste il y a 3 ans, j’étais enthousiaste et aussi un peu effrayée.

Enthousiaste d’avoir trouvé un poste très complet, très autonome, et qui avait l’air hyper polyvalent. Enthousiaste car j’allais faire 32 heures sur 4 jours, ce qui me laissait mes mercredis avec mes enfants (4 ans et 5 ans et demi aujourd’hui). Enthousiaste car j’allais travailler pour 2 magasins, 2 jours sur chaque structure, avec la même direction qui m’a tout de suite laissé une autonomie que j’apprécie. Effrayée car la comptable que je remplaçais m’avait prévenue qu’il y avait une grosse charge de travail et que je devrais apprendre à dire non, à des employeurs qui ont une très forte culture du travail.

Deux magasins et une grosse charge de travail. Au bout d’un an, je demande une ré-évaluation de mon salaire (clairement j’étais sous-payée) qui est acceptée à condition que je m’investisse en plus dans l’assistanat de direction. En résumé : plus de travail, mais pas plus de temps pour le faire.

Je passe l’hiver 2013-2014 fatiguée, épuisée. Les relations avec mes employeurs et collègues se passent super bien, ils apprécient mon travail, tout va pour le mieux. En février je m’écroule sous un rhume (ba quoi, c’est vilain un rhume) et je prends un premier arrêt de 3 jours (en fait des jours de congé payés).

Mes journées au travail sont des sprints effrénés. Je deviens sans m’en rendre compte, ce que j’appelle un bourreau du travail. J’ai coutume de dire « j’ai travaillé comme une brute ». Je finis souvent mes journées éreintée, vidée de toute énergie. Je boucle sur 1 jour et demi une semaine de comptabilité d’un magasin de 8 salariés : vérifier les caisses, les factures, les passer en comptabilité, faire les prévisions de trésorerie, les règlements fournisseurs… en plus des vérifications ponctuelles que les comptables adorent ;). Un jour et demi pour la compta d’un magasin, 1 jour et demi pour la compta de l’autre, et le 4ème jour pour l’administratif. Posé comme ça sur le papier, ça m’effraye avec le recul.

En septembre je demande à passer à temps complet pour avoir plus de temps pour tout faire. Demande acceptée, mais petit à petit la comptabilité me qui prend de plus en plus de temps et j’ai moins de temps pour faire autre chose. Je m’étais investie sur le site internet, sur la communication, mais je n’en n’ai plus le temps. Mes journées bien (trop) remplies deviennent petit à petit de moins en moins intéressantes pour mon côté créatif.

En décembre, je demande un entretien pour revoir l’organisation et la gestion de la charge de travail. Depuis 1 an je dis lors des entretiens que j’ai une grosse charge de travail et comme je suis perfectionniste et impliquée je veux le faire du mieux possible. Un des magasins va s’agrandir et je crains la surchauffe. Mes employeurs me rassurent sur mes capacités, mon « talent pour l’organisation et la gestion du temps », leur confiance, et m’incitent à laisser de côté l’assistanat de direction pour me recentrer sur la comptabilité.

La descente

Avant mes congés de Noël, je commence à me coucher en me disant « je ne peux plus, je n’arriverai pas à me lever demain » et en pleurant. Si je me réveille dans la nuit, je cogite, je pense à ce que je dois faire, ce que j’ai oublié… Je tiens le coup car mes vacances arrivent, mais je reviens sans être vraiment reposée.

Le jour où le nouveau magasin ouvre c’est le déclencheur. Je passe une journée complète sans pouvoir travailler convenablement car je n’ai pas de poste informatique (le déménagement a eu lieu l’avant-veille mais il y a eu des bugs). L’ambiance est tendue, tout le monde est sur les nerfs. Je rentre chez moi en pleurant, j’embrasse mon mari et mes enfants, je me couche sur le canapé en pleurant. « Je suis juste si fatiguée. » sont les seuls mots que je peux dire.

Je dîne, je vais me coucher à 20h00, et je m’endors en pleurant à la pensée que le lendemain il faut se lever à nouveau.

C’est là que je décide d’aller voir mon médecin. Je m’effondre dans son cabinet et sans surprise il diagnostique un surmenage. Une semaine d’arrêt, du Lexomil pour dormir. Mes employeurs sont à la fois surpris et inquiets, et m’incitent à me reposer et prendre soin de moi.

Je retourne au travail au bout d’une semaine, j’étais vraiment bien à la maison, mais je sens que si j’y reste j’aurais énormément de  mal à retourner au bureau. Au bout de 2 semaines, j’envoie un mail d’appel au secours à mes patrons, à 4h00 du matin. Ils s’aperçoivent alors de tout ce que je porte et décident de m’aider, en me déchargeant (temporairement) de certaines tâches. Ils se rendent compte que je suis en plein burn-out  et j’ai la chance qu’ils soient très compréhensifs et conscients.

Je réalise

Cette semaine, mon collègue, le comptable d’un autre magasin du groupe m’appelle. Il a saisit les 160 premières factures de janvier du nouveau magasin (il m’en reste donc 80 à faire cette semaine avant la TVA et ma semaine de congés). Il s’inquiète pour moi, me dit que cela lui a fait plaisir d’avoir pu m’aider. En discutant, je me rends compte que ma perception de moi-même est complètement faussée. J’ai toujours regardé mes patrons, certains de mes collègues, avec admiration devant le travail qu’ils fournissent, mais je n’ai jamais voulu réaliser que moi aussi j’en faisais autant.

J’ai toujours eu la crainte d’être un imposteur, la crainte qu’un jour on se rende compte que je ne suis pas si intelligente que j’en ai l’air, j’ai toujours placé la barre très haut.

Avec la surcharge de travail, je me suis totalement désinvestie de mon poste. Je mène mes journées en pilote automatique, sans sens pour moi.

J’ai relu hier des mails que j’envoyais à mes patrons. En même temps que je demandais un entretien pour voir comment organiser mon emploi du temps, je leur proposais de faire des heures supplémentaires pour donner un coup de main sur le déménagement du nouveau magasin.

On me disait que j’avais l’air fatiguée, ce à quoi je répondais « oui je n’arrive pas à m’endormir ».

J’oubliais parfois des détails, des règlements, et je me fustigeais de ne pas faire plus attention, de ne pas faire plus d’effort.

Après la conversation avec mon collègue, j’ai relu un article sur le burn-out et ses signaux d’alertes. Je me suis aperçue que j’étais dans la négation totale de mon mal-être. Que les modèles que j’admirais pour leur esprit travailleur, peut être que j’en étais un pour les autres moi aussi. Et que les modèles cela peut être destructeur. J’ai eu cette révélation, et j’ai eu l’impression d’un grand vide en moi. Toutes mes croyances se sont effondrées d’un coup.

On veut toutes être une mère bienveillante, une épouse attentionnée, une maîtresse de maison accomplie, une professionnelle reconnue et une sportive au top. On veut coller à des rôles que l’on s’impose via notre vision du regard des autres. Et on oublie totalement qui on est. De la même manière qu’on n’arrive pas à être objective sur notre physique lorsque l’on voit notre reflet, on finit par se percevoir à travers deux filtres superposés. Le filtre du regard des autres, mais notre propre filtre sur leur regard sur nous.

Remonter en selle

Il va me falloir réapprendre. Réapprendre à être moi, à ne plus courir, réapprendre à donner du sens à mes engagements. Le chemin risque d’être long, mais j’ai la sensation, l’intime conviction, que je vais pouvoir me révéler à moi-même, comme sortie d’une chrysalide.

J’ai bien sûr besoin de repos. Je suis en vacances dans une semaine. D’ici là je vais essayer de ne pas me stresser avec tout ce que je devrai faire pour être à jour, oser demander de l’aide au travail, mais aussi dans ma vie perso, à mes proches, et à une psychothérapeute.

Ce burn-out, dont je n’ai pas voulu écouter les prémices, n’est pas une dépression.

 A 33 ans, je suis heureuse dans ma vie. J’ai envie de jouer, de chanter, d’écrire sur mon blog, d’aider les autres, de chausser mes runnings, d’aimer…

Je suis juste fatiguée de ce rythme que je me suis imposée au travail, 8 heures par jour, 4 jours par semaine. Parce que si on arrive à faire plus de choses en 1 heure qu’il y a 2 mois, ça n’est pas forcément sans conséquence. Si j’appuie trop sur l’accélérateur de ma voiture, son réservoir va se vider plus vite que si je ménage son moteur. Et cela fait trop longtemps que je roule sur la réserve.

 

www. accrodubudget.com

 

Je vous joins aussi un lien vers un article très intéressant sur le burn-out du blog Zen et organisée

 

interview de Liliane Holstein sur le burn-out parental

 

Voilà pour cet article particulièrement touchant, et encore merci à celles qui m'ont fait confiance pour m'envoyer leur témoignage. Merci Adeline, merci Véronique, et merci Marina.

N'hésitez pas, vous aussi à partager votre expérience du burn-out, ou simplement à poser des questions, nous essaierons de vous répondre du mieux possible. Et n'hésitez pas à parcourir le blog de Zen et Organisée, qui y est en grande partie consacré.

 

A bientôt!

 

 

 

 

 

 

 

 

 



18/02/2015
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